La nouvelle a presque fait scandale la semaine dernière. En l’absence d’un rapport officiel du gouvernement sur l’expérimentation 80km/h, l’association « 40 millions d’automobilistes » a pris l’initiative de publier le résultat de ses propres investigations.

 

Sécurité Routière : bilan de l’expérimentation 80km/h

Bilan de l’expérimentation du 80 km/h : les services publics obligés de se justifier!

 

Première constatation : plus de blessés

Mi-juillet 2015, la limitation de la vitesse à 80km/h a été appliquée en expérimentation sur trois tronçons répartis sur la RN57, la RN151 et la RN7. « 18 accidents, 3 tués et 18 blessés hospitalisés plus de 24 heures sur la période de juillet 2015 à juin 2017 » selon l’Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière (ONISR). Sur ces chiffres, l’association des automobilistes et la Sécurité Routière semblent d’accord, mais c’est surtout au niveau de l’interprétation que tout se joue.

En plongeant dans les fichiers du Bulletin d’Analyse des Accidents Corporels de la Circulation (BACC), l’association en question a pu prélever des statistiques alarmantes sur les 18 mois d’observation. En effet, le bilan de l’accidentalité routière n’est pas réellement encourageant : le nombre de victimes augmente de 10% en comparaison avec la même période précédant l’expérimentation. Pour le mouvement, cette nouvelle donne constitue une base d’argumentation solide pour dissuader le gouvernement dans l’adoption de cette loi limitant la vitesse à 80km/h sur les routes nationales et départementales.

 

Une étude qualifiée de « biaisée »

C’est alors que la Sécurité Routière défend sa position, en évoquant que « ces chiffres se sont nettement améliorés par rapport aux constatations enregistrées entre 2010 et 2014 ». Elle fait également mention d’une éventuelle erreur sur la délimitation des trois tronçons étudiés, gonflant ainsi le taux de mortalité relevé. En outre, elle dénonce une extrapolation hâtive des faits de la part du président de 40 millions d’automobilistes, qui a estimé « 1 tué tous les 28.7 km sur les parcours observé contre 1 tué sur les 202 km sur le reste du réseau ».

En disséquant le rapport émis par l’association, le Délégué de la Sécurité Routière insiste sur la baisse significative du nombre de personnes blessées grave, même si le taux de mortalité routière est resté le même (c’est-à-dire 3). Au final, c’est plutôt le nombre des victimes légèrement blessées, passant de 7 à 20, qui a bombé le bilan en question.

Quoi qu’il en soit, la limitation de vitesse à 80km/h a du mal à faire ses preuves auprès des automobilistes et des motards en France. Ces derniers exigent surtout de la transparence de la part du gouvernement, sur la fiabilité de cette mesure et de sa mise en œuvre, pour les convaincre. De plus que certains considèrent cette décision comme une nouvelle source de revenus de l’État pour rentabiliser leurs dispositifs radars. Au gouvernement de démontrer le contraire.